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Ma première nouvelle :

TET 95/96

Nouvelle fantastique

Hélène se trouve, avec son mari, dans le jardin de leur maison de vacances, dans la roseraie plus précisément. Elle taille de vielles roses blanches fanées et Henri s'occupe de la pelouse.

Hélène vient de se piquer à une épine, elle prend peur et s'évanouit. Henri ne l'a pas vue tomber. Au bout du quatrième tour du jardin, il tond la pelouse du centre vers l'extérieur, il remarque que sa femme est étendue par terre. Il laisse sur place sa tondeuse manuelle et cours vers elle, prend son pouls, et se précipite vers le téléphone qui se trouve à l'autre bout de la maison ; laissant Hélène allongée, inanimée, au pied des roses blanches que le soleil du soir jaunit.
Henri réussit à avoir l'hôpital mais il bégaie un peu et a du mal à se faire comprendre.

Trois heures plus tard, la nuit est déjà tombée dehors, mais Henri ne s'en est pas aperçu. Il est assis sur un banc au milieu du long couloir blanc d'accès aux urgences. A côté de la porte de la salle où les médecins essaient de réanimer sa femme.

Le médecin chargé de l'intervention sort enfin en tirant la porte sur laquelle on peut lire "CARDIOLOGIE". Et il annonce à Henri, avec une froideur, et une insouciance déconcertante, que sa femme était déjà morte avant d'arriver à l'hôpital, et qu'il n'y a rien de plus à faire.

Trois semaines ont passées depuis qu'Hélène a quitté la vie. Le réveil indique trois heures et quart du matin ; bien entendu tout le monde dort. Mais Henri vient de se réveiller, il est en sueur et pâlit. Il expliquera plus tard, dans ses mémoires, qu'il a entendu sa femme qui l'appelait, le suppliait même, de la rejoindre. Mais pour aller où ?

Depuis cinq jours, ou plutôt cinq nuits, Henri entend sa femme qui l'appelle. Chaque nuit, ce phénomène s'accentue et Henri croit maintenant l'apercevoir, mais :
- Il y a une ombre !
Et à chaque fois qu'il croit pouvoir la discerner, il se réveille. Cette "ombre", dit-il, lui en a coupé l'appétit, et il vient de tomber malade.

Le médecin vient de sortir de la chambre où, Henri, reste endormi dans son grand lit, fiévreux, et se réveillant de temps à autres pour pousser un cri de refus. Le médecin explique à son assistante que c'est un cas typique dû au stress engendré par la mort de sa femme, et que ses rêves expliquent le refus de sa disparition. Malgré qu'il sache qu'Henri n'attentera pas à sa vie, le médecin demande à son assistante de rester à son chevet pour la nuit.

Une heure trente sept du matin ; l'assistante s'est endormie dans le fauteuil, à côté de la fenêtre qui donne sur le jardin ; tandis qu'Henri commence à s'agiter dans son lit.

Une heure trente neuf ; Henri vient de se réveiller, il a le regard hagard. Mais il n'est pas en sueur. Il cherche un objet. Il saute de son lit, comme si la maladie ne l'avait pas affecté, et se dirige vers la porte de la chambre, attrape la poignée, se prépare à ouvrir la porte, et s'arrête. Il a entendu quelqu'un respirer ; c'est l'assistante du médecin, elle dort paisiblement dans le fauteuil. Henri vient d'apercevoir l'objet qu'il cherchait. C'est une lampe de chevet avec un socle en terre cuite. Il s'en empare et assène un coup d'une violence peu commune à la pauvre petite assistante ; elle décèdera d'une hémorragie quelques heures plus tard. Henri se met à vaciller, puis il tombe.

Depuis trois ans, Henri a repris une vie normale et s'est même remarié. Mais les locataires de son ancienne maison font des rêves étranges. Ils vous diront peut-être, si vous les rencontrez, que des ombres hantent la maison. Mais moi, je vous répondrai qu'il s'agit de deux pauvres petites roses blanches.

Joël BRUNET